Les Fils Prodigues

Les Fils prodigues

Diptyque Joseph Conrad et Eugene O’Neill | Mise en scène Jean-Yves Ruf

Production en cours

Création en janvier 2018
Tournée en 2017-2018

Adaptations de The Rope (La Corde) de Eugene O’Neill et One day more (C’est pour demain) de Joseph Conrad
Nouvelles traductions Françoise Morvan pour The Rope d’Eugene O’Neill et André Markowicz pour One day more de Joseph Conrad
Mise en scène Jean-Yves Ruf / Son Jean-Damien Ratel / Lumière Christian Dubet / Décors et costumes Laure Pichat

Diptyque pour six comédiens / Distribution en cours

Production déléguée Comédie de Picardie / Coproduction Compagnie Chat Borgne Théâtre, Maillon, Théâtre de Strasbourg – Scène européenneen cours de montage

One day more de Conrad est une histoire profonde, ancrée dans nos peurs archaïques.
Un fils brouillé avec son père et parti en mer, un père plein de remords et qui fantasme le retour du fils. C’est pour demain, il en est certain. Quand enfin son fils revient, il ne correspond pas au fils rêvé par le père, et puis cela ne peut être lui, car c’est pour demain… Conrad croise cette histoire avec celle des voisins, une fille qui s’occupe de son père aveugle, et qui pour s’aérer la tête, visite le voisin délirant sur son fils, qui revient demain, et qui l’épousera.
On dirait un conte, une parabole sortie des écritures. C’est court, dense, et remarquablement écrit. Trop court pour imaginer ne monter que ce texte.
J’attendais donc de rencontrer un texte cousin, un texte miroir qui pourrait former diptyque. Et je l’ai trouvé chez O’Neill.
The Rope m’a paru être le vis-à-vis idéal de One day more. La corde est une sorte de préfiguration d’une des pièces les plus connues d’O’Neill, Désir sous les ormes. Un fils quitte son père après l’avoir volé, et part en mer. Le père maudit son fils et lui promet la corde s’il ose revenir. Et il ne se contente pas de mots, puisqu’il accroche une corde dans la grange pour rendre sa malédiction présente quotidiennement à son esprit. Quand le fils rentre de ses voyages, cinq ans plus tard, la corde est toujours là.
De nouveau on pense aux écritures, cités d’ailleurs par le père. Une sorte de parabole à l’envers du fils prodigue du nouveau testament.

Il y a dans ces deux pièces une rêverie cruelle et profonde sur le thème séculaire de la relation fils-père, thème aussi ancien que notre civilisation, depuis que Cronos émascula son père Ouranos, puis dévora ses propre enfants jusqu’à être jeté dans le Tartare par son fils Zeus. Deux pièces courtes, intenses, qui vont fouiller dans nos mondes les plus enfouis, et forment un diptyque.

Contact diffusion : EPOC Productions Emmanuelle Ossena
+ 33 (0) 6 03 47 45 51